Un insouciant visiteur

Une fin de journée, un rayon de soleil, une douceur printanière et un visiteur très insouciant dans notre jardin. Un petit gourmand cela va sans dire.

J’ai tenté de me remémorer une fable ou une poésie sur l’écureuil et son ineffable gaité. Vous la trouverez ci-dessous. J’aime bien ces leçons de vie parfois pleine de sens sous la forme de poèmes et/ou de fables. C’est à méditer en des temps ou l’on se trouve bien vite emporté dans une certaine morosité 😉

Haut les coeurs !

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Un écureuil sautant, gambadant sur un chêne, 
Manqua sa branche, et vint, par un triste hasard, 
Tomber sur un vieux léopard 
Qui faisait sa méridienne. 
Vous jugez s’il eut peur ! En sursaut s’éveillant, 
L’animal irrité se dresse ; 
Et l’écureuil s’agenouillant 
Tremble et se fait petit aux pieds de son altesse. 
Après l’avoir considéré, 
Le léopard lui dit : je te donne la vie, 
Mais à condition que de toi je saurai 
Pourquoi cette gaîté, ce bonheur que j’envie, 
Embellissent tes jours, ne te quittent jamais, 
Tandis que moi, roi des forêts, 
Je suis si triste et je m’ennuie. 
Sire, lui répond l’écureuil, 
Je dois à votre bon accueil 
La vérité : mais, pour la dire, 
Sur cet arbre un peu haut je voudrais être assis. 
– Soit, j’y consens, monte. – J’y suis. 
À présent je peux vous instruire. 
Mon grand secret pour être heureux, 
C’est de vivre dans l’innocence ; 
L’ignorance du mal fait toute ma science ; 
Mon cœur est toujours pur, cela rend bien joyeux. 
Vous ne connaissez pas la volupté suprême 
De dormir sans remords : vous mangez les chevreuils, 
Tandis que je partage à tous les écureuils 
Mes feuilles et mes fruits ; vous haïssez, et j’aime : 
Tout est dans ces deux mots. Soyez bien convaincu 
De cette vérité que je tiens de mon père : 
Lorsque notre bonheur nous vient de la vertu, 
La gaîté vient bientôt de notre caractère.

Jean-Pierre Claris de Florian

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