Le silence blanc en Auvergne

On est encore loin des romans de Jack London sur l’hiver canadien mais en quelques jours, l’Auvergne et le Puy-de-Dôme en particulier se sont drapés d’une immaculée blancheur. On ne l’attendait plus , on avait fini par ne plus y croire et pourtant, il a fallu attendre ce mois de février pour commencer à vraiment grelotter et à voir la campagne blanchir et la neige s’installer. Ce sont souvent des contraintes pour beaucoup mais ces quelques jours de présence de la neige rendent cet hiver mou et tempéré plus acceptable. Il n’en restera que ces jours d’une blancheur sans égale dans nos souvenirs. Ce froid intense qui nous transperce, ce silence qui nous permet de nous ressourcer, le bruit du vent qui le rompt, et cette blancheur tournante, envoutante qui nous effraie, perdu au milieu des forêts pourtant si familières et qui efface tous nos repères en un instant. Je n’ai pu en profiter comme je le voulais, c’est ainsi, mais j’ai quand même cédé à l’appel du blanc, aux grands froids pour faire une sortie revigorante autour du Puy-de-Dôme. Je sais, je vais faire rire les habitués des grands froids, les vrais baroudeurs de grands nords mais il y a un vrai plaisir à évoluer dans ce grand silence blanc. J’ai évidemment en mémoire le livre de Vincent Munier, solitude, et son film à l’origine des photos. Je reste modeste bien entendu. La plupart des routes sur la plateau du Puy-de-Dôme se sont couvertes de neiges, accessibles uniquement avec des véhicules adaptés et équipés. Un vrai plaisir de rouler seul sur ces axes habituellement fréquentés. Je n’ai pas vu d’animaux mais je ne suis pas resté suffisamment longtemps. J’ai croisé des skieurs de fond et des familles téméraires avec des enfants semblables aux miens dans une joie bien réelle et sans compromis. Aucun jeux ou tablettes électroniques ne venaient troubler leur joie de lancer des boules de neige, de glisser,  de se laisser choir sur le sol avec un grand sourire aux lèvres, des plaisirs simples. Et puis le silence, de nouveau, le froid, le vent et une angoisse pour une fois, bénéfique, agréable, douce. Il restera des ces moments de joie, des photos simples pour se souvenir que c’est souvent la nature qui nous offre des moments de plaisirs inoubliables. Des photos simples. Pas sophistiquées. Il ne reste déjà pratiquement plus de neige que dans la forêt mais il perdure des sensations, des souvenirs, du froid. Des photos. Un bonheur simple et cela n’a pas de prix finalement.

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This Article has 6 Comments

  1. Seb says:

    Bon, je prends toute la série (je n’ai pas eu l’occasion de me rendre seul en montagne pour profiter de ces conditions météo et faire des photos, je me rattrape avec tes images)…
    Mais alors un gros gros coup de coeur pour l’avant-dernière… Juste parfaite 😉

    « Aucun jeux ou tablettes électroniques ne venaient troubler leur joie de lancer des boules de neige, de glisser, de se laisser choir sur le sol avec un grand sourire aux lèvres, des plaisirs simples. »
    Mais c’est tellement ça : quel bonheur de voir ses enfants s’épanouir avec des choses si simples !!

    • Olivier says:

      Le plaisir c’est parfois très simple, de la neige, du vent et du brouillard et d’électronique que le reflex 🙂 Merci Sébastien, je suis content que mes photos apportent un peu d’évasion.

  2. Donlope says:

    C’est très joli ces dominantes de blanches avec juste quelques parties plus sombres qui soulignent le paysage. On devine plus qu’on ne voit les arbres sur certaines photos et j’aime beaucoup ce rendu!

    • Olivier says:

      Merci Sébastien, je me suis inspiré de photographes illustres qui réussissent ce type de photos à merveille. J’aime bien l’idée de suggérer plus que de montrer 🙂

  3. Gaya Nature says:

    Bonjour Olivier,

    J’aurai donc du me rendre au Puy de Dôme un mois plus tard. :-))
    Une très belle série, l’avant-dernière étant ma préférée. J’ai beaucoup apprécié te lire aussi.

    Merci de ton passage chez moi.
    Bonne journée.

    • Olivier says:

      Merci Caroline. L’avant dernière est la citerelle torchepot. Je fais le malin mais je ne connaissais ni n’avais jamais vu cet oiseau il y a un mois. On en apprend tous les jours et c’est très bien ainsi 🙂 Merci pour cette visite et ce commentaire.


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