Géronimo

Lorsque j’étais enfant, j’étais finalement assez content de voir débouler John Wayne à la tête du 7e de cavalerie … Et puis, l’âge aidant, je me suis dit que c’était toujours les indiens qui prenaient et que ce n’était pas très juste, me situant un peu plus du côté des apaches, enfin disons, que rien n’était aussi clair, je m’interrogeais. Puis, j’ai ensuite mieux compris que c’était les indiens qui avaient été délogés de leurs terres de façon plutôt … dramatique non ? À l’américaine… Puis je me suis dit qu’au delà de leurs peintures de guerre, ils avaient une conscience de la nature que nous n’avons plus aujourd’hui. Elle s’est étiolée, perdue, disparue… Peut-être pas complètement. Il y a peu de temps, je suis tombé sur cette phrase : « Quand le dernier arbre sera abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, dans le dernier poisson aura été péché, alors, on saura que l’argent ne se mange pas ».  L’auteur de cette phrase est Go Kha Yeh dit Géronimo, chaman et guerrier apache, l’un de mes héros/ennemi préféré lorsque j’étais enfant. J’avais aussi un fusil dans lequel je pouvais charger dans le barillet des amorces qui sentaient bon lorsque l’on tirait…, sa référence était « Géronimo ». Il a du abattre pas mal de méchants, le petit garçon que j’étais à l’époque n’a jamais vraiment comptabilisé les dégâts de ma terrible winchester Géronimo !  Sachant qu’il est né en 1829 et mort en février 1909 après avoir enduré les affres des guerres avec le gouvernement américain, connu la honte des réserves indiennes, le regret de la réddition, c’est terrible de prémonition ou de sensibilité écologique, déjà. Il y beaucoup de mots contemporains derrière cette triste épopée, tels que camps de réfugiés ou pire, génocide, écologie, conscience, réfugiés, géopolitique, colonialisme, conquête etc.

Bref, quand je regarde depuis chez moi, les reflets de la lumière d’orage sur la nature environnante, lui donnant un caractère quasi irréel tant les couleurs sont saturés et les détails très nets, je me dis que la nature qui se réveille au printemps, c’est quand même un vrai bonheur.

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This Article has 10 Comments

  1. Christine says:

    Bonsoir Olivier
    j’aime ton texte. En grandissant j’ai réalisé que les Indiens n’étaient finalement pas les méchants. Ce que j’aime dans leur façon d’être, c’est leur rapport à la nature. Ton billet du jour est emprunt d’émotion, c’est très beau.
    Tes photos sont superbes et je vois ce que tu veux dire quand tu parles des couleurs saturées, je reste parfois bouche bée devant des ciels, devant une nature rayonnant d’une si belle lumière.
    Très bonne soirée à toi.

    • Olivier says:

      En photo, pas besoin d’être un photographe mondialement reconnu pour traduire des choses simples. Les ciels d’orages offrent souvent parmi les plus belles photos. il y a une ambiance particulière, c’est souvent très éphémère, il faut juste être là pour en profiter. Quand au rapport à la nature c’est une vaste question, on perd de plus en plus de vue la réponse… c’est dommage, tout est là, autour de nous. Merci Christine pour ton commentaire, belle fin de soirée.

  2. Gaya Nature says:

    Ouah!! la deuxième est magnifique!!!! Je me suis toujours sentie proche des Indiens d’Amérique et j’admire leur philosophie vis-à-vis de la nature et ses habitants.
    Bises et bonne journée.

  3. Olivier says:

    Je me dis qu’il ne faut que peu de talent de photographe pour faire une telle photo, il suffit d’observer, d’être là au bon moment et d eremercie la nature. Les indiens d’Amériques devaient savoir faire ça 🙂 Merci caroline et bonne journée

  4. Donlope says:

    De très belles photos qui donnent envie de grands espaces!
    J’avais aussi eu un peu l’impression d’être au Far West quand j’avais été au sud du Massif Central, en Lozère…pas besoin de partir très loin pour être dépaysé!

    • Olivier says:

      Ah oui plus au sud ce sont encore d’autres paysages en effet, la Lozère, l’Ardèche, ce sont des coins de nature superbes aussi. Je suis allé une fois à Porto Vecchio en Corse et je me suis fais la même réflexion, inutile d’aller aux Maldives ou aux Seychelles pour avoir une eau aussi limpide. Mais le Massif central reste plus accessible 🙂 Merci Sébastien pour ton commentaire et ton passage ici

  5. Anne says:

    Un joli texte… Il avait bien raison…

  6. Focales says:

    Cette série est superbe et j’adhère à 100% à ton texte. Nous ne savons plus, nous ne voyons plus et nous aurions beaucoup de leçons à apprendre de ces indiens d’Amérique chassés de leur terre par les blancs qui se sont toujours crus supérieurs à tout.

    • Olivier says:

      Quand on voit l’ingéniosité et la capacité des hommes à faire de si belles choses et en miroir sa capacité à détruire ou à oublier ce qui l’entoure, faune, flore, être humain et savoir ancestral, on se sent impuissant. Merci Marie


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